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Le jour où on a volé mon backpack

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Jeudi 12 avril, 4h30 du matin. On frappe à la porte. Dans la maison, je suis le seul qui ne dort pas. Il faut dire que cela fait plusieurs jours déjà que, mes compagnons de voyage et moi n’avions pas eu internet. Lorsque notre hôte nous proposa d’utiliser son wifi, j’avais sauté sur l’occasion et avait rapatrié illico mon petit laptop dans cette grande maison pour faire un rattrapage intensif de mise à jour blog et de Facebook, bien entendu !

Mes amis Kurt, Kate et Will dorment à point fermés, tout comme Carry, la gentille couchsurfeuse qui nous a offert l’hospitalité pour la nuit. Nous avons passé la soirée dans un bar local de Geraldton à nous amuser avec ses amis car un grand quizz y est organisé tout les jeudi et ils avaient tenus à nous faire participer.

Les coups à la porte retentissent de plus en plus fort. Je ne suis pas chez moi, mais, comme tout le monde est couché et que personne ne se réveille, je décide d’aller ouvrir. J’ai une certaine appréhension car ce n’est pas courant d’entendre frapper en pleine nuit. J’ouvre la porte.

Deux policiers en uniforme me font face, bizarre. Le plus grand d’entre eux me demande si la voiture qui est garée devant la maison est la mienne. Je sais bien que c’est celle de Will, mais j’acquiesce car je voyage avec lui depuis quelque temps déjà.
Le policier m’annonce alors que la voiture est ouverte. Impossible, c’est moi qui l’ai fermé la veille, et, en grand parano, je vérifie systématiquement que les quatre portières sont fermées. Je lui dis alors, dans un anglais plutôt faible, que ce n’est pas possible et que la voiture est bien fermée.
Il me répond alors que si, la voiture est  belle e t bien ouverte, du moins les quatre portières, ainsi que le coffre, et que nous nous sommes peut-être fait volé quelques chose à l’intérieur.

Il ajoute que c’est peut-être en lien avec le bushfire que l’on voit au loin…effectivement, à quelques centaines de mètres, des flammes s’animent au loin . J’ai l’impression de vivre un rêve. Ils doivent se tromper, en plus, je ne comprend pas tout ce qu’ils disent ; je reste immobile quelques instant, le temps de réaliser ce qu’il vient de m’expliquer.
Il s’écarte alors, et me montre la voiture de la main. Je vois alors toutes les portes ouverte et réalise enfin ce qu’il se passe.

La veille, au retour du bar, Carry nous avait dit que nous pouvions coucher dans ses chambres d’amis, nous avions donc laissé nos backpack à l’intérieur de la voiture et emportés le strict minimum.
Je cours jusqu’au coffre de la voiture où mon backpack est sensé être bien au chaud. Je constate avec effroi que mon sac n’est plus là…stupeur…comment vous expliquer le sentiment que l’on ressent a ce moment là…toutes mes affaires sont dans mon sac…toutes…mes habits, mes papiers, passeport, fiches de paye, même mon cash de secours, gagné durement en fruitpicking est caché dans un recoin de mon backpack….dur…

En panique, je ne cesse de répéter en boucle What the f***, why they did that ?” Je rentre au pas de course en criant afin de réveiller mes amis. En deux minutes, tout le monde est réveillé et autour de la voiture.
2 backpack manquent à l’appel, celui de Kate, l’Allemande, n’est plus là non plus, mais je suis tellement obnubilé par mon sort que je n’y ai pas vraiment prêté attention.

Je laisse mes compagnons faire l’inventaire de la voiture.Moi, je n’ai qu’une hâte, c’est d’aller vérifier les dires du policier qui m’a dit qu’il y avait peut être un lien entre le feu et le vol.
Je ne laisse pas trop le choix aux policiers, je monte dans leur voiture en leur demandant de me conduire là bas.
Arrivé sur place, le feu a déjà été maitrisé et les pompiers sont en train de repartir. Je sors de la voiture avec les policiers. Ces derniers parlent avec un des pompiers, et viennent ensuite me voir pour me montrer le « départ de feu ».

La clarté du petit matin est déjà en train de poindre, et, en analysant l’endroit qu’ils me montrent, je reconnais directement qu’il s’agit de mon backpack…oui, vous avez bien lu…
J’avais acheté un trépied de marque afin de faire de belle photos de nuit, et les restes du trépied , totalement calcinés et encore fumant se tenaient juste devant moi. Fouillant à l’aide d’un morceau de bois ramassé à la hâte, retournant le peu de matière qu’il restait, je découvre un morceau de mon treillis et un morceau de caleçon, qui, mystérieusement, n’a pas totalement brûlé. Il n’y a aucun doute.

Je suis totalement dépité. Bien que j’en ai déjà vu des vertes et des pas mûrs, je vous avoue qu’à se moment là, j’ai les yeux remplis de larmes…je suis à l’autre bout du monde et je n’ai plus rien
Un policier vient à ma rencontre, et tiens dans sa main un petit sac en tissus m’appartenant. Il m’explique qu’il l’a trouvé en chemin. Les voleurs se sont enfuis à pied avec mon sac sur le dos, et, avaient apparemment déjà commencés à fouiller en chemin un de mes sac se trouvant à l’intérieur du backpack.

Je refis donc les quelques centaines de mètres, accompagné par les policiers, et mets la main sur quelques broutilles m’appartenant. Un coupe-ongle, un sifflet-thermomètre-boussole (très utile même si je m’en était pas encore servi !), ma pierre à feu, ainsi que quelques autres objets sans importance gisent le long de cette rue pavillonnaire.
Je suis dégouté, pour moi, c’est la fin du monde. Je me sens seul et totalement impuissant. A ce moment là, je me dit que c’est la fin de mon voyage, que je vais devoir rentrer…mais non, je ne peut même pas, mon passeport a brûlé également…que vais-je devenir?

Je retourne auprès de mes amis qui étaient restés à la voiture. Lorsque j’arrive, ils se précipitent vers les policiers pour leur parler. Il faut dire qu’ils n’avaient pas très bien compris pourquoi j’étais parti seul avec eux.

Ils font l’inventaire de tous ce qui a disparu. La sac de Kate comme dis précédemment, ainsi que l’appareil photo de Will, avec tout ses souvenirs à l’intérieur. Pas de chance non plus.

Les policiers après nous avoir posés quelques questions pour pouvoir situer l’heure du vol, nous disent qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose et qu’il y a peut de chance de retrouver les auteurs de ce vol. Ils tentent de nous dissuader de porter plainte, argumentant que c’est probablement des aborigènes qui ont fait le coup, comme c’est apparemment souvent le cas dans cette ville. Il partent après quelques minutes, nous laissant à notre sort.

Je suis fatigué, je n’ai pas encore dormi, mas il me semble impossible de pouvoir fermer l’œil. Le jour s’est levé, et je me décide d’appeler mon meilleur ami Pablo. J’ai besoin de parler…de parler en Français. Car même si j’arrive à m’exprimer, mes amis sont Allemands et Américains, mais je vous laisse imaginer qu’a se moment précis, on en perd son latin, ou son anglais pour le coup.

J’ai le cœur gros et craque pendant mon appel. J’enchaine sur ma lancée et contacte mes parents puis mon cousin. J’ai besoin d’être rassuré, et j’ai besoin d’entendre mes proches.
Après une petite demi heure à me lamenter au téléphone, je rentre dans la maison où tout le monde est retourné finir ce qu’ils avaient commencés. L’ambiance est retombe et on n’entends à peine le bruit de respiration des uns et des autres. Kurt et Will se sont assoupi dans le canapé, et Kate quand à elle, est allongée, pensive, sur la moquette. Je m’allonge contre elle et la prend dans mes bras. Elle ne semble pas bien.
Je la serre contre moi. Après un long silence, je lui souffle à l’oreille que je suis dégouté de vivre tout ça, que je ne sais pas comment je vais faire.

C’est alors qu’elle me répond qu’elle non plus…je ne comprends pas, je lui demande pourquoi. Elle me répond alors que son sac n’est plus là non plus. Dans la panique du moment, je n’avais pas réalisé que son backpack manquait et c’est à ce moment seulement que je réalisais la chose. Avec le recul, je trouve ce comportement un peu égoïste, mais croyez moi ou non, au moment ou j’ai réalisé le vol de mon sac, le temps s’était arrêté et mon cerveau n’arrivait plus à stoker les informations.

Nous nous endormons finalement quelques heures, à même la moquette, épuisés par les événements.
Dans la matinée, une fois réveillé, nous décidons d’aller à la police station afin de porter plainte.
A peine un kilomètre de fait que Kate se met à crier dans la voiture. Elle vient d’apercevoir son sac dans un champ.

Ni une ni deux, nous garons la voiture et courons à travers champs pour le récupérer. Toutes les affaires semblent y être. Elle sont toutes éparpillées autour du sac. Après un rapide diagnostic, la sentence tombe : il manque une paire de chaussure pour femme, une jupe, ainsi que quelque tops féminins…un des voleurs serait-il une voleuse ? bizarre.

Nous reprenons notre route direction le centre ville. Arrivé au commissariat, nous entrons à l’intérieur . Des vitres séparent les personnes des policiers. Nous sommes les seuls dans l’enceinte du bâtiment d’ailleurs. Quelques policiers discutent entre eux dans leur open-space en buvant un café.
Je sonne plusieurs fois avant qu’un d’entre eux ne daigne s’approcher pour nous parler. Je leur tends la carte que le policier m’avait donné avant de nous quitter, mais celui qui est en face de moi m’annonce qu’il est rentré chez lui et que nous devrions faire pareil. Je lui explique alors que j’ai besoin de porter plainte mais il refuse de prendre ma plainte…oui, il refuse…

J’essaie de lui faire comprendre pendant un bonne demi heure que c’est nécessaire pour moi afin de faire marcher mon assurance, mais il n’en a rien a faire. Il pense que cela ne sert à rien et n’est pas décidé à travailler. Face à son refus, je n’ai qu’une seule solution. Je cherche sur mon smartphone le numéro du consulat et, une fois trouvé, je lui demande une dernière fois de prendre ma plainte, auquel cas j’appellerai mon consulat. Il sourit et me dit de le faire pensant surement que je bluffe. Mais je n’ai pas vraiment la tête à rire.
J’appelle donc devant lui, et c’est à ce moment qu’il réalise qu’il va peut être avoir des ennuis et me demande de raccrocher. Il est désormais coopératif…c’est hallucinant de voir un tel comportement, moi qui pensait que tous les Australiens étaient des bisounours, je suis tombé de haut.

Je porte donc plainte et nous ressortons du commissariat avant midi. Will, le conducteur de la voiture, n’a pas éprouvé le besoin de porter plainte. De toute façon, la voiture n’a pas de trace d’effraction et il doit sans doute se dire que cela est peine perdu avec ce flic.
Nous reprenons la route de la maison de Carry afin d’aller récupérer les affaires que nous y avons laissé et pour lui dire au revoir.

A l’arrière de la voiture, je suis perdu dans mes pensées…au détour d’un regard, je m’aperçois qu’un de mes shorts, celui que j’avais la veille plus précisément, se trouve en boule par terre, j’ai mes pieds dessus. Effectivement, hier, je ne voulais pas aller au bar en short et m’était changé rapidement. Voulant faire de l’humour grinçant, comme pour détendre l’atmosphère, je tends alors mon short et leur annonce dans un demi sourire qu’il me reste au moins un short.

C’est alors que je réalise qu’il y a quelque chose dans ma poche…oh p****, ma carte bleu Australienne !!! J’avais été retirer un peu d’argent l’après midi et j’avais oublié cette satanée carte dans mon short ! Une acte manqué ? Je ne le saurais jamais !

C’est déjà un soucis en moins. Arrivé chez Carry, Kurt et Will me donnent chacun un t-shirt par gentillesse, et Carry quelques affaires de toilette. Nous lui disons au revoir et nous mettons en route pour trouver un Op-shop, je dois désormais m’équiper à nouveau, et autant faire dans un magasin de “second hand”.

Une cinquantaine de dollars me suffisent pour être rhabillé de la tête au pied. Mais tout est en vrac dans le coffre de la voiture, il me faut un nouveau backpack. Nous cherchons donc un magasin spécialisé afin que je puisse redevenir un vrai “backpacker”. Nous arrivons enfin à en dégoter un et je trouve mon bonheur après quelques minutes dans les rayons. J’arrive en caisse, un peu amer quand même ce jour là, et ça doit se lire sur mon visage. La caissière, qui est aussi la patronne du magasin, me salue, et me demande pourquoi je rachète un sac alors qu’en bon voyageur, je suis sensé en avoir un, haha ironie quand tu nous tiens.

J’explique donc brièvement la situation que nous venons de vivre. Elle se sent très touchée, très concerné par l’image que ces voleurs ont du véhiculés et s’excuse de ce que j’ai vécu dans son pays, je lui réponds que ce n’est pas de sa faute et sors.

A peine une minute s’est écoulée que cette femme m’interpelle depuis la porte entrouverte du magasin. Je reviens sur mes pas et elle me lance un polaire neuf dans les bras et me dis que j’aurais surement plus chaud avec ça, et me souhaite bon voyage.

Son geste me touche énormément, aussi je tourne les talon pour la serrer dans mes bras et la remercier. Elle me souffle à l’oreille que les gens biens existent…j’ai frissonné dans ses bras…

Comme vous vous en doutez sans doute, qui dit vol dit paperasse. Un peu la croix et la bannière pour un voyageur.

Vous trouverez donc ci-joint les papiers à remplir afin de pouvoir renouveler votre passeport si celui-ci à été volé.

Inscription consulaire: formulaire_inscription_consulaire

Demande de passeport: formulaire_passeport-2

Payement form (vous devez payer pour renouveler votre demande de passeport) payment_form-6

Formulaire de perte ou de vol de document: perte_ou_vol_documents-2-2

CONSEIL: Scannez vos papiers important et envoyez-les vous sur votre boite mail, en cas de problème, il vous suffit d’un accès internet pour imprimer les documents dont vous avez besoin.

A lire: Australie: en cas de vol

Et toi, as-tu subi un vol lors de tes voyages  ? Comment as-tu fait pour gérer ce problème ?

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2 Comments

  1. Pfiouuu ça me fout des frissons ton histoire, je ne peux m’empêcher de me mettre à ta place et d’imaginer l’anéantissement que je ressentirais… Je n’en reviens pas du comportement du flic, c’est aberrant ! Et aussi que le mecs aient tout fait cramer… En tout cas, ça ressemble à un acte de haine envers les backpackers.

    Il y a à peine 2 semaines nous dormions sur un bateau dans un port en Indonésie après un périple de 4 jours et l’allemande qui était avec nous s’est fait voler son petit sac à dos, qui était à 20 centimètres de son visage, en pleine nuit. Ça aurait pu être le mien… Le voleur a pris la peine de laisser son passeport dans un sac en plastique déposé à l’arrière du bateau mais a emporté avec lui appareil photo, ordi et cash… Bref je suis déjà parano, ça n’arrange pas les choses !!!

    Combien de temps après ta demande à tu reçu ton passeport ?
    J’espère que tout est rentré dans l’ordre. J’imagine que tu gardes ta CB avec toi partout maintenant !

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